La mort subite par arrêt cardiaque : généralités

Lors d’un arrêt cardiaque, le temps d’intervention auprès de la victime est l’élément clé de sa survie. Le cerveau peut être endommagé et souffrir de séquelles irréversibles au-delà de 4 minutes sans irrigation sanguine.

70 à 80 % des arrêts cardiaques ont lieu à domicile. Savoir pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire et défibriller dans les 4 minutes, c’est pouvoir sauver une personne qu’on aime.

S’équiper d’un défibrillateur, être formé à la RCP et le faire savoir largement dans son quartier, c’est être reconnu comme le sauveteur potentiel en cas d’arrêt cardiaque.

Les secours médicaux mettent en moyenne 14 minutes pour arriver : seul le premier témoin peut sauver une victime d’arrêt cardiaque … à condition qu’il connaisse les gestes qui sauvent : appeler, masser, défibriller.
80 % des témoins n’osent pas intervenir auprès de la victime (pratiquer la réanimation cardio-respiratoire et utiliser le défibrillateur) s’ils n’ont pas reçu une formation minimale.

Savoir réagir immédiatement : appeler les secours, pratiquer le massage cardiaque et utiliser un défibrillateur, c’est laisser 85 % de chance de survie à la victime, voire plus (source CFRC).

En France, le taux de survie suite à un arrêt cardiaque est de 3 à 5 % contre 10 fois plus dans les pays qui ont largement formé aux gestes de premier secours et investi en défibrillateurs.

Ainsi, à formation et équipement équivalents plusieurs milliers de vies pourraient être sauvées chaque année en France d’une mort prématurée.

Différence entre défibrillateur entièrement automatique (DEA) et semi automatique (DSA) :

Lorsque la victime nécessite un choc, le défibrillateur semi automatique demande à l’intervenant d’appuyer sur le bouton choc. A l’inverse, le défibrillateur entièrement automatique demande à l’intervenant de s’écarter puis délivre le choc électrique de lui-même.

Les deux types d’appareil utilisent la même technologie, cependant, le fait de ne pas avoir à activer le bouton choc permet d’éviter un stress supplémentaire ou moment d’hésitation. Lorsque le sauveteur est déjà en situation de stress intense, il est inutile d’en rajouter. De plus, puisqu’il n’a pas à se demander s’il doit appuyer ou non sur un bouton pour délivrer le choc électrique, cela permet de gagner du temps lors de l’intervention.

A l’inverse, le DSA permet à l’intervenant de vérifier que personne ne touche la victime avant de délivrer le choc.

Quelque soit le type d’appareil, il n’y a aucun risque de mauvaise utilisation. En effet, le défibrillateur analyse le rythme cardiaque pour savoir s’il doit délivrer ou non un choc.

Comment choisir un défibrillateur ?

– Chocs adaptés à l’impédance de la victime

L’impédance (résistance) corporelle moyenne d’un adulte est comprise en 70 et 80 Ohms. La plupart des défibrillateurs ont pour base cette impédance moyenne.  Cependant, les appareils de nouvelle génération sont désormais capables d’adapter la puissance du choc à l’impédance de la victime.

– Chocs à énergie croissante

Les rapports d’autorités réglementaires et de sociétés savantes (FDA, Journal of the American Heart Association, European Resuscitation Council) recommandent des défibrillateurs dont le courant délivré s’accroît au fur et à mesure de la réanimation.

– Fréquence des auto-tests

Un défibrillateur est à appareil à usage occasionnel, il est absolument nécessaire qu’il soit opérationnel le moment venu. Si tous les appareils réalisent des auto-tests réguliers, seuls certains appareils réalisent quotidiennement des auto-tests complets de leurs composants.

– Assistance à la RCP

Si toute personne même non médecin peut utiliser un défibrillateur, moins de 10 % de la population a été formé récemment aux gestes de premiers secours. Ainsi, plus l’appareil assistera l’intervenant lors de la réanimation cardiaque, meilleures seront les chances de voir le sauveteur réaliser les bons gestes.

En conséquence, si la majorité des DAE sont équipés d’un métronome, seuls certains appareils sont dotés de fonctions permettant de guider le sauveteur et d’optimiser le massage cardiaque : voir lesquels.

Recommandations de l’ANSM en matière de défibrillateurs automatisés externes grand public :

Vous êtes une entreprise, une structure accueillant du public (mairie, structure sportive, établissement scolaire, etc.) ou un particulier et vous venez d’acheter un défibrillateur automatisé externe (DAE) ou vous souhaitez en acquérir un. Il est important de rappeler que l’achat d’un DAE nécessite de prendre un certain nombre de précautions pour en assurer une utilisation en toute sécurité.

Le défibrillateur automatisé externe (DAE) est un dispositif médical qui peut permettre la réanimation d’une personne en arrêt cardiaque. Ainsi, un DAE analyse le rythme cardiaque obtenu par les électrodes placées sur la peau du patient, identifie les rythmes cardiaques qui nécessitent un choc électrique et permettra de délivrer un ou des chocs si nécessaires. Il est donc très important de prendre des précautions relatives à son utilisation et sa maintenance.

A ce titre, voici les principales recommandations de l’ANSM à suivre après l’acquisition d’un DAE.

Principales recommandations :

1. Former le personnel à l’utilisation du DAE,
2. Désigner une personne responsable du suivi du DAE,
3. Mettre en place un registre de maintenance,
4. Enregistrer le DAE auprès du fabricant et des services de secours,
5. Tracer le lieu d’implantation du DAE,
6. Mettre le DAE dans un lieu visible et facilement accessible,
7. Ne pas exposer le DAE à la chaleur (+40°) ou au froid (-0°),
8. Vérifier régulièrement l’état extérieur du DAE,
9. Vérifier régulièrement le témoin de marche conformément à la notice d’utilisation ainsi que les dates de péremption de la batterie et des électrodes,
10. Déclarer auprès de l’ANSM tout dysfonctionnement observé sur le DAE.

Par ailleurs, il est rappelé l’importance de consulter la notice d’utilisation du DAE dans laquelle sont notamment détaillées les recommandations concernant les procédures de maintenance.