Défibrillateur, nos conseils

L’intérêt de faire appel à un distributeur multimarques est d’avoir les conseils d’un interlocuteur qui maitrise l’ensemble des DAE distribués sur le marché. A partir des retours d’information dont il dispose, il vous orientera vers les défibrillateurs les plus performants et ceux dont les retours en atelier sont négligeables. En effet, si tous les appareils sont destinés à sauver des vies, tous n’offrent pas les mêmes chances de survie aux victimes d’arrêt cardiaque, pour ne pas dire que certains appareils posent problèmes (vous ne les trouverez pas ici).

Lorsqu’on doit passer sur une table d’opération pour une intervention délicate, on cherche vraisemblablement à se faire opérer par le meilleur chirurgien dans le domaine. De même, lorsqu’on choisit un défibrillateur, on doit s’équiper d’un matériel qui nous laissera les meilleures chances de survie sans séquelles.

Dans la majorité des articles, vous trouverez très souvent qu’il existe 2 types de défibrillateurs : le semi-automatique et l’entièrement automatique. Effectivement, le mode de l’appareil est important mais il est loin d’être déterminant. De notre côté, pour une utilisation de l’appareil par le grand public, nous recommandons sans hésitation le DEA.

Il y a de nombreuses autres caractéristiques qui peuvent s’avérer très importantes : l’agrément FDA (gage de fiabilité), l’assistance à la RCP, la puissance des chocs délivrés, le seuil de détection d’asystolie, le temps d’analyse de la victime (temps pendant lequel la victime ne sera pas ventilée), l’indice de protection contre l’humidité et la poussière, la fonction multilingue, la durée de garantie, la fréquence des autotests, le prix des consommables, …

Défibrillateur, comment choisir parmi les appareils distribués sur le marché

Un défibrillateur est un appareil qui sera utilisé de façon occasionnelle au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques années suivant l’achat. Il est essentiel que celui-ci soit opérationnel et permette de mettre toutes les chances du côté de la victime lors de son utilisation. Ainsi, il est essentiel que l’appareil réalise ses autotests de façon régulière et surtout qu’il prévienne lorsqu’une anomalie (pile défectueuse ou usagée, électrodes périmées ou absente, …) est détectée.

Mode de l’appareil : semi-automatique (DSA) ou entièrement automatique (DEA)

Lorsque la victime d’ACS nécessite un choc pour rétablir une activité cardiaque normale, le défibrillateur semi-automatique demande à l’intervenant d’appuyer sur le bouton choc de l’appareil. A l’inverse, le défibrillateur entièrement automatique, quand à lui, demande à l’intervenant de s’écarter puis délivre le choc électrique de lui-même.

Les deux types d’appareil utilisent la même technologie, cependant, lors d’une intervention sur une victime d’ACR, le fait de ne pas avoir à activer le bouton choc peut permettre d’éviter un stress supplémentaire ou moment d’hésitation lorsque le sauveteur est déjà en situation de stress absolu.

De plus, puisqu’il n’a pas à se demander s’il doit appuyer ou non sur un bouton pour délivrer le choc électrique, cela permet de gagner du temps lors de l’intervention.

A l’inverse, le DSA permet à l’intervenant de vérifier que personne ne touche la victime avant de délivrer le choc.

Quel que soit le type d’appareil, il n’y a aucun risque de mauvaise utilisation puisque le défibrillateur analyse le rythme cardiaque pour savoir s’il doit délivrer ou non un choc.

Agrément FDA

La commercialisation des défibrillateurs aux Etats-Unis est très réglementée. La Food and Drug Administration impose aux constructeurs de fournir les résultats des études de performance, d’efficacité et les tests cliniques qu’ils ont menés.

Dans le reste du monde, les preuves d’efficacité et de sécurité ne sont pas exigées pour un produit portant uniquement le marquage CE par exemple. En France, le défibrillateur est un appareil médical de classe IIB, il est question que celui-ci soit requalifié en classe III dans les toutes prochaines années (voir notre article et ses conséquences).

Assistance au massage cardiaque

Le cerveau peut souffrir de séquelles irréversibles en quelques minutes si la ventilation par compressions thoraciques n’est pas assurée ou inefficace. Si toute personne même non médecin peut utiliser un défibrillateur, moins de 10 % de la population a été formé récemment aux gestes de premiers secours. De plus, avoir réalisé des compressions thoraciques sur un mannequin ne permet pas de garantir que les compressions seront bien effectuées sur un humain. Ainsi, plus l’appareil assistera l’intervenant lors de la réanimation cardiaque, meilleures seront les chances de voir le sauveteur réaliser les bons gestes.

Ainsi, si la majorité des DAE sont équipés d’un métronome, seuls certains appareils sont dotés de fonctions permettant de guider le sauveteur et d’optimiser le massage cardiaque.

Puissance des chocs délivrés

L’impédance (résistance) corporelle moyenne d’un adulte est comprise en 70 et 80 Ohms, La plupart des défibrillateurs ont pour base cette impédance moyenne. La plupart des DAE d’ancienne génération est donc configurée pour traiter une victime de taille moyenne avec une résistance au choc électrique identique. Or, la morphologie des victimes peut être bien différente d’un individu à l’autre et le traitement d’une victime nécessite soit que le choc initial soit plus faible et augmente au fur et à mesure, soit que l’appareil soit capable de délivrer des chocs adaptés à l’impédance (résistance corporelle) de la victime. Ainsi, les appareils de nouvelle génération sont désormais capables d’adapter la puissance du choc et ne délivreront pas la même énergie pour une victime de 40 kgs et une autre de 120 kgs.

Temps d’analyse et temps de chargement

La ventilation correcte du patient par massage cardiaque doit rester la priorité en attendant la reprise en main de celui-ci par une équipe de secouristes professionnels. Cependant, l’intervenant doit s’écarter pour laisser l’appareil effectuer l’analyse du rythme cardiaque du patient et réaliser le chargement du choc. Certains DAE de nouvelle génération permettent de continuer le massage durant la phase d’analyse, il n’y a donc pas d’interruption de la RCP. D’autres préchargent l’énergie pour la délivrer au moment opportun.

Indice de protection

La majeure partie des défibrillateurs ont un indice de protection contre la poussière et l’humidité élevé et peuvent donc être installés en extérieur. Cependant, un seul DAE n’est pas conçu pour ce positionnement, son installation en extérieur est même interdite aux Etats-Unis. Cet indice est très important si l’appareil doit être stocké dans des lieux humides (piscine par exemple) ou poussiéreux. Le premier chiffre indique la protection contre les solides, le deuxième chiffre indique sa protection contre d’intrusion d’eau.

Fonction multilingue

La fonction multilingue peut être intéressante sur des sites fréquentés par différentes nationalités, aux endroits frontaliers, touristiques, multinationales, … Seuls quelques appareils disposent de cette fonction. Pour certains, le choix de la deuxième voire de la troisième langue est possible.

Durée de garantie

On pourrait penser que la durée de garantie est un gage de fiabilité. C’est, malheureusement, sans compter sur des appareils vendus excessivement chers par des sociétés qui réalisent des marges énormes sur des appareils bas de gamme et dont l’origine peut sembler douteuse. Ainsi, ces sociétés n’auront aucun mal à vous échanger votre produit s’il est défectueux. A noter qu’il est préférable de s’orienter vers des appareils de marques reconnues spécialistes dans le domaine depuis de nombreuses années : si l’appareil peut être échangé, la victime n’aura, quant à elle, pas une deuxième chance.

Sensibilité du DAE ou seuil d’asystolie

Le seuil d’asystolie est le seuil en dessous duquel le défibrillateur considère la victime décédée et n’envoie plus de choc pour rétablir une activité cardiaque normale. Pour rétablir une activité cardiaque normale par un choc électrique, le défibrillateur doit détecter une activité cardiaque. Plus l’amplificateur de l’appareil est sensible (70, 80, 100 µv), meilleures seront les chances de voir l’appareil faire son travail. A noter que les informations communiquées (lorsqu’elles le sont) par les constructeurs à ce sujet n’utilisent pas la même échelle de valeur (RMS ou crête à crête).

Fréquence des autotests

Un défibrillateur est à appareil à usage occasionnel, il est absolument nécessaire qu’il soit opérationnel le moment venu. Si tous les appareils réalisent des autotests réguliers, seuls certains appareils réalisent quotidiennement des autotests complets de leurs composants (y compris des électrodes). Il est vital que le DAE prévienne par des informations sonores et visuelles d’un défaut constaté.

Prix des consommables :

Si le prix initial du DAE peut sembler intéressant, il convient de vérifier le coût des consommables, leur durée de vie, leur garantie éventuelle. Certains constructeurs annoncent des durées de vie de la pile importantes, sur le terrain et selon le type d’installation, celle-ci peut avoir une durée considérablement plus courte. Ce qui augmente de façon significative le coût de maintenance.